Société Française
de Dentisterie Esthétique
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Résumé de conférence
Collage et scellement : comment s’y coller
Jacques Dejou et Gilles Laborde
vendredi 22 février 2008
par Lucile Dahan , Gwenola FERREC
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COLLAGE ET SCELLEMENT : COMMENT S’Y COLLER

COLLAGE ET SCELLEMENT : COMMENT S’Y COLLER ?

SFDE, Jacques Dejou et Gilles Laborde, 31 janvier 2008

 

 

Lucile DAHAN et Gwenola FERREC

 

 

La question « comment s’y coller ? » met en valeur les deux aspects du collage : un acte qui semble difficile, qui pose des réticences mais en même temps une volonté d’y aller malgré les difficultés.

 

I) Matériaux d’assemblage

 

L’analyse de la situation clinique doit amener à choisir le type de restauration à effectuer et le type de matériaux à utiliser. Le choix du matériau d’assemblage est donc une conséquence des deux autres choix. Il doit permettre un équilibre entre le type d’adhésion recherchée et le type d’adhésion possible (traitement de surface, matériau…). La décision de coller ou sceller se prend donc avant la réalisation prothétique.

 

A) les matériaux

 

 Il existe deux familles :

- les ciments : prise par réaction acide-base

- les colles : prise par réaction de polymérisation

 

Au sein des colles, on distingue trois classes :

- non adhésives : nécessité d’avoir recours à l’utilisation d’un adhésif

- avec potentiel d’adhésion propre : présence d’un monomère actif (MDP,4-META)

- auto-adhésives : pas de traitement de surface (dentaire ou prothétique) nécessaire

 

Le choix d’un ciment ou d’une colle se fera en fonction d’un cahier des charges :

- Rétention : adhésion, aptitude au mouillage, propriétés mécaniques, insolubilité

- Biocompatibilité, voire bioactivité : absence de toxicité, étanchéité, libération de fluor, épaisseur du joint  (film de colle < 50mm).

- Qualités optiques

 

En fonction de ces critères, il est possible de dégager des indications propres à chaque matériau.

 

B) critères de choix

 

1) Ciment oxyphosphate de zinc :

- Avantages : recul clinique important, temps de travail variable, bactériostatique, utilisation simple

- Inconvénients : absence de potentiel d’adhésion, faible résistance mécanique, étanchéité médiocre, pH acide en début de prise (agression pour les dents pulpées)

- Indications : scellements multiples ou complexes (quand un temps de travail long est nécessaire).

 

2) Ciment polycarboxylate :

            - Avantages : utilisation simple, biocompatibilité   

- Inconvénients : résistance mécanique moyenne, solubilité élevée, risque de descellement

            - Indications : scellement provisoire de longue durée

 

3) CVI

- Avantages : potentiel adhésif propre, libération de fluorures, bactériostatique, biocompatible

- Inconvénients : solubilité précoce élevée (nécessite une protection du joint), résistance mécanique moyenne

            - Indications : réduites au profit des CVIMAR

 

 

4) CVIMAR

- Avantages : biocompatibilté, bioactivité, libération de fluorures (inhibition bactérienne), adhésion aux tissus dentaires, très faible solubilité précoce, bonnes propriétés mécaniques, tolérants à la manipulation

- Inconvénients : temps de travail peu modulable, prix plus élevé par rapport aux autres ciments

- Indications : restaurations unitaires ou plurales, métalliques, CCM ou CCC, à utiliser quand besoin d’une adhésion mais situation peu favorable au collage.

 

5) Colles

- Avantages : bonnes propriétés mécaniques, adhésion aux tissus dentaires et aux matériaux, propriétés optiques

- Inconvénients : plus compliqué, moins tolérant à la manipulation, nécessite souvent l’emploi d’un adhésif, temps de travail variable en fonction du mode de polymérisation.

- Indications : restaurations unitaires ou plurales métalliques, CCM ou CCC lorsque l’adhésion est indispensable, restaurations partielles.

 

 

II) Les matériaux de restaurations

 

A) Les céramiques

 

1)    Les feldspathiques

 

Si une adhésion est nécessaire, il est possible d’utiliser une colle duale sinon on utilisera un CVIMAR. Les colles permettent une dissipation des contraintes et un renforcement du matériau par mise en compression des fissures de surface lors de la rétraction de polymérisation de la colle.

 

Le traitement de surface sur la céramique et sur la dent :

 

            a) céramique :

            - attaque à l’acide fluorhydrique 4-9% pendant 3 minutes

- rinçage et séchage

- application d’un silane :

1 couche fine, séchage 60s si possible à chaud, attendre 3 minutes après application avant de coller.

Remarque : ne pas utiliser le silane si l’apparence dans le flacon est opaque ou laiteuse.

- application de l’adhésif :

il n’a pas besoin d’être dual même si la colle l’est. On le photopolymérise avant d’appliquer la colle (permet d’avoir une polymérisation complète).

- application de la colle duale

 

b) dent :

- sablage de la surface à l’air-abrasion

- mordançage acide orthophosphorique 37%

- pose d’un MR3

 

Un problème peut se poser avec les systèmes automordançants et certains MR2 qui possèdent un adhésif acide. Celui-ci, non polymérisé (inhibition dans la couche de surface), peut réagir avec l’amine de la colle et la consommer la rendant indisponible pour la réaction RedOx de  polymérisation de la colle. Il faut donc tester son adhésif avec la colle avant d’assembler les pièces prothétiques. Cependant, il existe un activateur, le sulfinobenzoate de sodium qui va réagir avec l’adhésif acide pour le neutraliser.

 

            c) assemblage :

- élimination des excès au pinceau avant polymérisation

            - photopolymérisation puis élimination des excès au bistouri

 

 

2) Les céramiques cristallines (alumine, zircone)

 

Une adhésion sera nécessaire en cas de restaurations partielles. Le problème est que ces céramiques sont peu sensibles au sablage, non sensibles à l’acide fluorhydrique et le silane n’y adhère pas (absence de silice).

 

Un traitement de surface possible est le sablage réactif (Rocatec, CoJet) qui va permettre de charger la surface en silice et donc d’utiliser un silane. le CoJet est aussi efficace que le Rocatec et permet de faire le traitement de surface après essayage en bouche (contamination salivaire). Mais ce traitement provoque un endommagement de la surface.

 

Les colles MDP (Panavia) ont une adhésion significative à la zircone sans traitement de surface préalable.

 

Il est possible d’utiliser des colles auto – adhésives type RelyXUnicem  ou des CVIMAR car leur manipulation est plus simple et entraîne peu de sensibilités post-opératoires. Il faut exercer une pression significative sur l’élément prothétique.

Un problème se pose avec les colles auto – adhésives : l’adhésion est plus forte après mordançage H3PO4 sur l’émail mais diminue après mordançage de la dentine. La préparation de la dentine se limitera donc à l’application du conditionneur correspondant au système d’assemblage.

 

 

B) Alliages métalliques

 

Si l’adhésion est nécessaire il faudra réaliser un traitement de surface par sablage simple ou réactif puis pose d’un silane et collage à l’aide d’une colle chémopolymérisable ou duale avec potentiel d’adhésion ou auto-adhésive.

 

Pour les restaurations corono-radiculaires, il a été montré que les contraintes sont identiques quelque soit la nature du matériau du tenon mais diminuent en cas de collage. Ainsi, pour limiter les contraintes, il vaut mieux utiliser des CVIMAR ou des colles de type SuperBond ou Panavia. L’injection ne se fera pas via un lentulo mais à l’aide de seringue Centrix.

 

 

C) Composite

 

Pour coller un onlay ou un inlay composite, il faudra réaliser un traitement de surface :

- sablage à l’alumine 50mm et pose d’un silane

ou                   - acide fluorhydrique 5%  + silane

 

Il est possible de réaliser un assemblage avec un CVIMAR, le vieillissement excessif du joint sera alors corrigé par une remargination au composite fluide.

 

 

 

 

CONCLUSIONS :

 

Le choix du matériau d’assemblage doit être envisagé dès le stade de la décision thérapeutique.

 

Les céramiques feldspathiques seront attaquées à l’acide fluorhydrique puis silanées.

 

Les céramiques cristallines nécessitent un sablage réactif puis pose d’un silane sinon l’utilisation de colles MDP ou 4 – META permet une adhésion même sans traitement de surface.

 

Les CVIMAR sont les ciments de choix lorsque l’adhésion n’est pas indispensable. Les colles auto – adhésives semblent être une bonne alternative aux CVI mais peu d’études expérimentales ou cliniques les concernant sont disponibles.

 

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